Une partie d’un pont en construction financé par des capitaux japonais s’est effondrée dans le sud du Viêtnam, tuant une soixantaine d’ouvriers et en blessant une centaine.

C’est la pire catastrophe du genre jamais survenue dans l’histoire de construction de ce pays.

Les causes de l’effondrement ne sont pas encore connues mais la chaîne nationale Vietnam TV dit qu’un ingénieur propose une hypothèse d’un affaiblissement des fondations par la pluie.

Le Premier ministre Nguyen Tan Dung, qui assiste à l’Assemblée générale des Nations unies à New York, a ordonné une enquête.

Selon un employé d’une entreprise chinoise participant à la construction de ce pont à Can Tho, à 170 km au sud d’Hô Chi Minh-Ville, 60 personnes ont trouvé la mort. Vietnam TV parle de 55 morts et 97 blessés, dont 17 grièvement touchés à la tête.

Les chaînes de télévision vietnamiennes ont diffusé des images montrant les décombres du pont – un enchevêtrement de métal et de béton – ainsi que des employés des services d’urgence vêtus de blanc en train d’évacuer des victimes ensanglantées vers les hôpitaux.

Des civils ont participé aux secours en aidant à porter les blessés à l’hôpital, sur des brancards, et d’autres ont donné leur sang, ont fait savoir des responsables, précisant que 150 blessés au moins étaient en train d’être soignés.

TROIS SOCIÉTÉS JAPONAISES SUR LE CHANTIER

« Je suis choqué. Je me sens impuissant. Je n’ai rien pu faire », a déclaré un rescapé couvert de sang, Tran Minh Thu, dans une interview à la télévision.

Des responsables ont fait savoir que les opérations de secours se poursuivraient pendant la nuit. « Ils utilisent des machines pour briser et soulever le béton », a déclaré par téléphone un responsable de la police de Vinh Long.

« Il est très difficile d’atteindre les corps et un nouvel effondrement est à craindre. »

Le directeur des services de santé de Can Tho a déclaré que les secouristes n’avaient pas trouvé de nouvelles victimes depuis la fin de l’après-midi. « Maintenant, nous nous concentrons sur 17 patients qui sont dans un état critique », a déclaré Le Hung Dung.

Des médecins et des infirmières ont été dépêchés en renfort de Ho Chi Minh-Ville.

Quelque 250 ouvriers se trouvaient sur le chantier au moment de l’accident, vers 01h30 GMT. L’ambassade du Japon à Hanoï vérifie si des Japonais employés des sociétés Taisei, Kazima et NipponSteel étaient sur place.

La construction de l’ouvrage a débuté en 2004 avec une aide de 300 millions de dollars du gouvernement japonais. Elle devait s’achever l’an prochain.

Les médias officiels affirment qu’il s’agit du pire accident du genre jamais survenu au Viêtnam, pays qui multiplie les projets d’infrastructures pour suivre la croissance soutenue de son économie, qui dépasse 8% par an.